Peut-on faire face collectivement au changement climatique dans les vignes bourguignonnes ?

Peut-on faire face collectivement au changement climatique dans les vignes bourguignonnes ?

Eléments de réponses avec Jérôme Galeyrand, membre actif du GEST (Groupement d’Etude et de Suivi des Terroirs), un think tank (groupe de réflexion) de vignerons réunis pour mettre en commun, réfléchir et produire des solutions aux problématiques locales du vignoble.

« Il faut sauver le soldat Pinot Noir « 

 » D’une manière générale, la vigne est capable de supporter la sécheresse. Celle de 2020 était une sécheresse « de surface » en Côte de Nuits et a surtout impacté les jeunes vignes au réseau racinaire moins développé et incapables d’aller chercher l’eau et la fraîcheur au delà de 20 cm environ. Avec les fortes températures, les Chardonnays ont gagné en maturité, en gourmandise, et les Aligotés tirent désormais vraiment leur épingle du jeu, eux à qui l’on reprochait d’être trop verts, jamais mûrs. Celui qui a, en revanche, beaucoup souffert des fortes chaleurs est notre Pinot Noir emblématique. Il gagne en maturité lui aussi, mais du fait de sa couleur sombre, il souffre énormément de la grillure (la brûlure des baies). Notre mot d’ordre au Gest est : « Il faut sauver le Soldat Pinot Noir ».

Solutions individuelles face au étés extrêmes

« Parmi les solutions individuelles, les vignerons s’orientent déjà sur des palissages différents, un rognage plus léger pour conserver de la fraîcheur, un effeuillage uniquement sur les faces est et nord du végétal qui sont les plus fraiches. On choisit aussi d’effectuer des vendanges plus précoces et de pratiquer des méthodes de vinifications plus douces dans le travail d’extraction. Collectivement, rien n’est encore en marche. C’est un sujet urgent, nous en parlons depuis 2003. « 

Appel aux vignerons bourguignons

 » A l’heure actuelle, notre problématique dans le vignoble est surtout lié au décalage de la saison. Les hivers sont moins rudes, le printemps est très doux ce qui a un impact direct sur le débourrement des bourgeons : il a  lieu 15-20 jours plus tôt qu’au début du millénaire ! Au Gest, nous pensons à plusieurs types de réponses. Nous nous orientons sur des porte-greffes du sud  dits « de l’Ecole de Montpellier », plus tardifs et plus résistants à la sécheresse. Et puis, nous préparons un second conservatoire où nous sauvegarderons nos Pinots Noirs tardifs bourguignons. C’est un travail d’une quinzaine d’années. Nous appelons les vignerons à nous rejoindre s’ils possèdent une belle sélection  de Pinot Noir ou qu’ils ont déjà identifié des Pinots Noirs plus tardifs. »

GEST : asso-gest.fr / contact@asso-gest.fr ou 06 03 63 10 07